1. Une Église qui reflète la compassion deJésus pour tous les humains,particulièrement pour ceux qui sont écrasés etrejetés.Dès le moment où il a convoqué le Concile Vatican II(l962-l965), le bien-aimé Jean XXIII aénoncé clairement que ce concile avait comme mission d'instituer unprocessus permanent derenouveau interne dans l'Église catholique romaine. "Y a-t-il jamais eu un concileoecuméniquequi n'ait pas visé à un renouveau en profondeur?", lançait-il,à peine un mois avant l'ouverture duconcile, le 11 octobre 1962.
Au moment où il avait convoqué effectivement le Concile Vatican II, le25 décembre précédent, lepape Jean avait affirmé: "Nous faisons nôtre la recommandation deJésus que chacun sachereconnaître des signes des temps". (Mat. 16,4)
Le renouveau spirituel intérieur concrétisé par l'écouteet la réponse aux problèmes urgents denotre temps est devenu une espèce de leitmotiv de l'espérance del'Église catholique.
Au moment où il inaugurait officiellement le Concile, le pape Jean XXIIIdéclarait: "L'Épouse duChrist s'accommode mieux de la miséricorde que de lasévérité. Elle juge qu'elle répond mieux auxbesoins de notre temps en démontrant la validité de son enseignement qu'encondamnant ceux quis'en séparent . . . l'Église n'offre pas aux hommes et aux femmesd'aujourd'hui des richessespassagères . . . elle distribue plutôt les bienfaits de la grâce divine, quiélèvent les humains à ladignité d'enfants de Dieu, et sont par le fait même les meilleures garantiesd'une vie pleinementhumaine. Elle déverse la fontaine de sa doctrine vivifiante qui permet aux hommes etaux femmeséclairés par la lumière du Christ de reconnaître ce qu'ils sontvraiment."
2. Une action accrue, oecuménique etinter-confessionnelle, en faveur de la justicesociale, de la non-violence et de la préservation de la Terre.Dans le sillage de Vatican II, 1' Église a fait un effort remarquable pour situerl'agenda social aucoeur même de mission évangélique dans notre temps. Un tel agendadoit être maintenu deconcert avec d'autres regroupements de foi, chrétienne ou autres.
En 1971, lors du Synode des évêques sur "la justice dans le monde",ceux-ci ont déclaré: "Toutgeste posé au nom de la justice et en vue de l'amélioration du monde nousapparaît de touteévidence comme un élément constitutif de notre rôle deprêcher l'Évangile, ou, en d'autres motsde la mission de l'Église de racheter la race humaine et de la libérer de toutesituation oppressive."
Cette déclaration était un suivi fidèle de l'engagement pris dans"l'Église dans le monde de cetemps" de Vatican II. On y formulait le voeu que soient éliminées le plusrapidement possible lesénormes inégalités économiques actuelles . . . si l'on veutsatisfaire aux exigences de la justice etde l'équité. Ces besoins sont tout aussi pressants aujourd'hui que lorsqu'ilsont été énoncés.
En 1971, dans sa remarquable allocution sur le développement des peuples,Paul VI affirmait: "Laterre appartient à tous, et non seulement aux riches. Et par là, nous voulonsdire que la propriétéprivée ne confère à personne un droit suprême et inconditionnel. . . Personne n'a le droitd'accumuler uniquement pour son avantage personnel des possessions qui dépassentses besoins,alors que d'autres sont dans le dénuement." (Isaie 32,7)
Dans le même document, le pape Paul VI condamnait la course aux armes, lemilitarisme quiappauvrit, et la surconsommation qui fomente la crise écologique. "La paix n'est passeulement1'absence de guerre. Et elle ne peut être réduite à la notion du maintiend'un certain équilibre dupouvoir entre les ennemis . . . au contraire, c'est avec justesse qu'on la qualifie d'"entreprise dejustice". (Isaie 13,5)
Le pape actuel, Jean-Paul II, a renchéri sur les efforts de sesprédécesseurs immédiats. "Témoinsde la vraie destruction de l'environnement, tous les peuples en viennent àréaliser que nous nepouvons impunément continuer à abuser des biens de la terre comme nousl'avons fait dans lepassé . . . la crise écologique devient une crise morale." (Jean-Paul II, Lacrise écologique, 1989)
Plus récemment, Mgr Fabien Bruskewitz, évêque de Lincoln, auNebraska, a tentéd'ex-communier des groupes entiers de catholiques, parce qu'ils étaient inscritsà des organismescomme le "Call to Action", "Catholics for a Free Choice" ou "Planned Parenthood".
Notre déclaration d'espérance invite l'Église à vivrel'esprit et la pratique de la liberté d'expression,si précieux dans notre pays, et qu'a prônés le concile Vatican II, dansson décret sur la Libertéreligieuse:
"Le Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à laliberté religieuse. Cetteliberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits àtoute contrainte de la part soitdes individus, soit des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de tellesortequ'en matière religieuse nul ne soit forcé d'agir contre sa conscience.
. . . la vérité doit être cherchée selon la manièrepropre à la personne humaine et à sa naturesociale, à savoir par une libre recherche, avec l'aide du magistère,c'est-à-dire de l'enseignement,de l'échange et du dialogue . . .
Le Synode de 1971 sur la Justice dans le monde allait plus loin: "l'Églisereconnaît à chacun ledroit d'une liberté convenable de pensée et d'expression. Ceci comprend ledroit de chacun d'êtreentendu dans un esprit de dialogue, gage d'une diversité légitime au sein del'Église."
Cette exigence de liberté revêt de nombreux aspects, y compris:
Nombreux sont les catholiques qui, tout en connaissant, comprenant et respectant latradition del'Église, ont recours à la primauté de leur conscience quand ils optentpour des conclusions quidiffèrent des positions du magistère officiel. Un des exemples peut-êtreles plus évidents, dans ledomaine de la moralité sexuelle, est l'utilisation de contraceptifs artificiels. Lesenquêtes révèlent,en effet, que les catholiques pratiquent la contraception artificielle tout autant que les autres.
L'enseignement de l'Église sur laprimauté de la conscience
Au fond de sa conscience, l'homme découvre une loi qu' il ne s'est pasdonnée lui-même, mais àlaquelle il est tenu d'obéir. Cette voix, qui ne cesse de le presser d'aimer etd'accomplir le bien etd'éviter le mal, au moment opportun résonne dans l'intimité du coeur.Fais ceci, évite cela. Carc'est une loi inscrite par Dieu dans le coeur de l'homme; sa dignité est de luiobéir, et c' est elle quile jugera (Concile Vatican II, L'Église dans le monde de ce temps, #16)
Et la déclaration continue: "La conscience est le centre le plus secret del'homme, le sanctuaire oùil est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre. C' est d'une manièreadmirable que se découvreà la conscience cette loi qui s'accomplit dans l'amour de Dieu et du prochain. Parfidélité à laconscience, les chrétiens, unis aux autres hommes, doivent chercher ensemble lavérité et lasolution juste de tant de problèmes moraux que soulèvent aussi bien la vieprivée que la viesociale. Plus la conscience droite l'emporte, plus les personnes et les groupess'éloignent d'unedécision aveugle et tendent à se conformer aux normes objectives de lamoralité.
La déclaration sur la liberté religieuse poursuit: "Chacun a le devoir, etpar conséquent le droit, dechercher la vérité en matière religieuse afin de se former prudemmentun jugement de consciencedroit et vrai, en employant les moyens appropriés. C'est par la méditation desa conscience quel'homme perçoit les injonctions de la loi divine; c'est elle qu'il est tenu de suivrefidèlement entoutes ses activités pour parvenir à sa fin qui est Dieu.
"Il ne doit pas être contraint d'agir contre sa conscience. Mais il ne doit pasêtre empêché non plusd'agir selon sa conscience, surtout en matière religieuse. De par son caractèremême, en effet,l'exercice de la religion consiste avant tout en des actes intérieurs volontaires et librespar lesquelsl'homme s' ordonne directement à Dieu; de tels actes ne peuvent êtreimposés ni interdits paraucun pouvoir purement humain." (Déclaration sur la liberté religieuse, #3)
Cette exigence de liberté revêt de nombreux aspects, y compris:
L'Église catholique orientale reconnait toujours ses prêtresmariés. Dans le rite latin, cependant, leprêtre marié est reconnu et accepté dans les deux seuls cas suivants :celui d'un ministreprotestant déjà marié qui se convertit au catholicisme et quiaccède au sacerdoce, et celui d' unhomme marié qui s'engage à ne plus avoir de relation sexuelle avec sonépouse.
Aux États-Unis, depuis 1990, des ministres anglicans, épiscopaliens etluthériens ont été ordonnésprêtres catholiques, tout en continuant leur vie conjugale normale. Par ailleurs, leConcile VaticanII a rétabli le diaconat marié, dans le rite latin.
Fondements scripturaires
"Étant allé dans la maison de Pierre, Jésus trouva
sabelle-mère alitée, avec la fièvre. Il lui touchala
main, la fièvre la quitta, elle se leva et elle le servait." (Mat.
8.14)
"N'avons-nous pas le droit d'amener avec nous une soeur qui soit notre
femme, tout commelesautres apôtres et les frères du Seigneur,
et Céphas?" (1 Corinthiens,9.5)
"L'Évêque doit donc être irréprochable, n'avoirété
qu'une fois marié, être sobre, circonspect,réglé
dans sa conduite, hospitalier, capable d'enseigner." (1 Timothée,3.2)
Déclarations récentesd'autorités de l'Église
Au cours des récents mois, des autorités de I' Église catholiquese sont prononcées en faveur d' unclergé marié. En Angleterre, le cardinal Hume, leader des 4,4 millions decatholiquesd'Angleterre et du pays de Galles, a déclaré en septembre que la loi pourraitêtre modifiée pour lebien général de l'Église. Il fut aussitôt appuyé par MgrCormac Murphy-O'Connor, évêqued'Arundel et Brighton, qui a dit que ce n'était qu'une question de temps avant queRome ne prennecette question en sérieuse considération.
En Amérique du Nord, en janvier 1990, à l'ordination d'unprêtre anglican déjà marié, le cardinalJohn O'Connor, archevêque de New York, a parlé du célibatobligatoire: "Il serait insensé de voircette question comme un règlement qui ne peut jamais changer. ..". Mgr RobertWeakland,archevêque de Milwaukee a déclaré en juillet 1992 au magazine NewYorker que "le célibatimpératif existe au détriment de I'Église."
Le cardinal Carlo Martini, de Milan, Italie, considéré comme uncandidat sérieux à la papauté, adéclaré, tel que rapporté dans l'édition de mars 1995 duNational Catholic Reporter "L'Églisedevrait être ouverte à l'admission de prêtres mariés du rite latin."
D'autres ont exprimé des vues semblables: Mgr Patrick Power,évêque de Canberra et Goulburn,Australie; le cardinal Ricardo Vidal, de la ville de Cebu, aux Philippines, en avril 1996; MgrLawrence Burke, s.j., de Nassau, Bahamas, lors du synode des évêques,à Rome, en 1990.
Mgr Roger Hollis, évêque de Portsmouth, Grande-Bretagne, adéclaré en 1992, au cours d'undocumentaire à la télévision de Yorkshire: "L'Églisecatholique romaine pourrait reconsidérer laloi du célibat et, dans sa sagesse, décider de deux sortes de prêtres:mariés et célibataires. Aucuneraison n'indique que cela devrait être impossible."
Récemment, les huit évêques du Nord canadien, sous leleadership de Mgr Thomas Lobsinger,évêque du Yukon, ont renouvelé leur demande qu' on leur accorde ledroit d' ordonner deshommes mariés autochtones. (Catholic Register, sept. 1996)
Cette exigence de liberté revêt de nombreux aspects, y compris:
d) affranchissement de la discriminationà l'endroit de l'orientation sexuelle"Les homosexuels, comme toute autre personne, ne devraient pas subir depréjudice à leurs droitsfondamentaux. Ils ont un droit au respect, à l'amitié et à la justice.Ils devraient pouvoir jouer unrôle dans la communauté chrétienne."
Ces paroles, tirées d'une déclaration de la Conférenceépiscopale américaine de 1976: "Vivre dansle Christ Jésus, lettre pastorale sur les valeurs morales" sont encore vraiesaujourd'hui, soulignentet résument cet appel à l' Église.
Dans les dernières années, le Vatican s'est déclaré plusouvertement contre les droits des gais etdes lesbiennes. Ainsi, en 1992, la Congrégation pour la doctrine de la foi amarqué son oppositionà la législation visant à rendre illégale la discrimination enraison de 1'orientation sexuelle. Cetteattitude fait contraste à des déclarations antérieures (voir plus bas)qui, au moins du point de vuethéorique, défend les droits des gais et lesbiennes.
" . . . Il est déplorable que les personnes homosexuelles aientété et soient l'objet de violenteméchanceté en parole et en action. Un tel traitement méritecondamnation par les pasteurs deI'Église partout où il survient . . . La dignité intrinsèque dechaque personne doit toujours êtrerespectée en parole, en action et en loi . . . Ce qui est essentiel, c'est que laliberté fondamentalequi caractérise la personne humaine et lui donne sa dignité soit reconnuecomme appartenantégalement à la personne homosexuelle . . . La personne humaine,créée à l'image et à laressemblance de Dieu, peut difficilement être décrite adéquatement parune référence réduite àson orientation sexuelle.. ." (Congrégation pour la doctrine de la foi, lettre auxévêques de I'Église catholique sur le soin pastoral aux personnes homosexuelles, 1er octobre 1986)
De plus, les évêques américains, dans leur déclaration de1990 "Human Sexuality: A Catholicperspective for Education and Lifelong Learning" (Sexualité humaine: une perspectivecatholiquepour l'éducation et l'apprentissage permanent) ont déclaré:
"Nous demandons à tous les chrétiens et aux citoyens de bonnevolonté de retenir leurs craintes àpropos de la sexualité et de modérer l'humour et la discrimination qui portentoffense auxpersonnes homosexuelles. Nous comprenons que l'orientation sexuelle apporte avec elle assezd'anxiété, de douleur et de questions reliées à l'acceptation desoi sans que la société y ajouteencore un traitement préjudiciable."
Cette exigence de liberté revêt de nombreux aspects, y compris:
De nombreuses paroisses et des communautés de prièrereçoivent aujourd'hui les personnesdivorcées et remariées. Des théologiens et certainsévêques travaillent à développer une théologiedu mariage qui reconnaisse que les êtres humains sont faillibles, qu'ils ont droit aupardon et qu'ilspeuvent se reprendre et aller de l'avant avec leur vie.
Le théologien, Mgr Walter Kaspers, d'Allemagne, s'est exprimé ainsi:"L'Église peut admettre auxsacrements les personnes divorcées et remariées lorsqu'elles regrettent touteculpabilité provoquéepar le bris de leur premier mariage, lorsque tout ce qui était humainement possiblepour le sauvera été fait et lorsque le second mariage est devenu "une union moralementstable qui ne pourraitêtre dissoute sans causer une nouvelle injustice".
De nombreux évêques européens ont fait des recommandationssemblables. C' est là un premierpas dans le renouvellement de la théologie du mariage.
Le pape Jean-PaulII
Aussi récemment que samedi le 21 septembre 1996, les journaux canadiensrapportaient:
"Le pape Jean-Paul II a semblé, vendredi, modérer son attitudenégative à l'égard du divorce ensuggérant que les personnes qui ont divorcé et qui se sont remariéespourraient, en certainescirconstances, être admises à la communion. Ces gens "demeurent membres dela communautéchrétienne", a-t-il déclaré.
"À titre de baptisées, elles peuvent, et elles devraient même,participer à la vie de I' Église . . ."Jusqu'à présent, les catholiques divorcés et remariés ontété considérés comme pécheurs et privésde la communion." (Ottawa Citizen).
De grands théologiens tels que saint Augustin et saint Thomas d'Aquin, qui ontinfluencél'enseignement de l' Église durant des siècles, partageaient cette vuenégative de la sexualité. Auvingtième siècle, particulièrement avec Vatican II, l' Église acommencé à reprendre la traditionbiblique qui célébrait le bon côté de la sexualité.
Vatican II, dans son document "L'Église dans le monde de ce temps", utilisedes passagesexplicites de l'Écriture tels que "le Cantique des cantiques" pour illustrer le bon de lasexualité.
Par exemple, dans l' Épitre de Paul aux Éphésiens: "Maris,aimez vos femmes comme le Christ aaimé l' Église . . . Les maris doivent aimer leur femme comme leur proprecorps.
Qui aime sa femme s'aime lui-même. Certes, nul n'a jamais haï sa proprechair; au contraire,chacun la nourrit et la soigne, ainsi que le Christ fait pour l' Église puisque noussommes lesmembres de son corps. C'est pourquoi . . . ils ne feront plus qu'une seule chair. Grand est cemystère; je l'entends du Christ et de l' Église . . . que chacun aime sa femmecomme soi-même,chacun respectant l'autre." Ephésiens, 5, 25 et ss.
"À plusieurs reprises, la Parole de Dieu a invité les fiancésà entretenir et soutenir leurs fiançaillespar une affection chaste, et les époux leur union par un amour sans faille . . .Éminement humainpuisqu'il va d'une personne vers une autre personne . . . cet amour enveloppe le bien de lapersonne tout entière . . . il peut enrichir d'une dignité particulièreles expressions du corps et de lavie psychique . . . Cet amour, par un don spécial de sa grâce et de sacharité, le Seigneur a daignéle guérir, le parfaire et l'élever . . . Cette affection a sa manièreparticulière de s'exprimer et des'accomplir par l'oeuvre propre du mariage." ("L' Église dans le monde de ce temps"Par. 49. 1 et2)
En dépit des récentes déclarations du Vatican dans le but demettre fin à toute discussion sur laquestion de l'ordination des femmes à la prêtrise , ces questions nedisparaissent pas pour autant.
Un théologien a exprimé la chose ainsi: "Une telle déclarationnon seulement ne fait pasconsensus, c'est une nette tentative d'empêcher toute discussionprécisément parce qu'il y a unsentiment grandissant de l'opinion contraire. Une telle manoeuvre dominatrice en face dequestions grandissantes ne peuvent avoir d'autres effets que d'ouvrir au grand jour cesquestionsmêmes . . ." (Rosemary Radford Ruether, National Catholic Reporter)
En 1976, la Commission pontificale de la Bible a souligné que rien dans lesÉcritures n'appuie nine défend l'ordination d'une femme au ministère de la prêtrise. Lepape Jean-Paul II a maintes foisdéclaré l'égalité et la dignité des femmes. Lesévêques canadiens ont appuyé l'enrichissement durôle des femmes dans l' Église depuis Vatican II. En août 1944, ilsdéclaraient: "Nous désironsqu'un climat de dialogue se répande dans nos relations mutuelles sur la question del'ordination,aussi bien que sur les autres questions concernant l'intégration des femmes dans lesstructures et lavie même de l' Église."
En 1969, le théologien Joseph Ratzinger écrivait: "La critique desdéclarations du pape serapossible et toujours nécessaire dans la mesure où ces déclarationsn'ont pas suffisamment d'appuidans les Écritures ou dans le symbole des Apôtres, c'est-à-dire dans lafoi de toute l' Église; sansévidence claire de telles sources, une décision définitive n'est paspossible."
Dans une déclaration en date du 28 octobre 1995, le cardinal Joseph Ratzinger,de laCongrégation pour la doctrine de la foi, a tenté de dire qu'un clergéentièrement masculin ". . .requiert un assentiment définitif puisque, fondé sur la parole écrite deDieu, et depuis lecommencement constamment sauvegardé et appliqué dans la tradition de l'Église, il a été établi defaçon infaillible par le magistère ordinaire et universel . . ."
La question est donc la suivante:
L' Église peut-elle modifier cequi est déclaré un enseignement d'autorité?
Historiquement, l' Église a effectué des changements à ce quiprécédemment avait été considérécomme enseignement d'autorité de la tradition.
Un exemple dans la jeune communauté judéo-chrétienne aété la décision de ne pas exiger lacirconcision des Gentils nouvellement convertis. Plus tard, d'autres exemples de changementontporté sur l'usure, l'esclavage, la révolution de la terre autour du soleil,l'évolution, le respectenvers le peuple juif, l'usage du latin dans les séminaires et pour la messe et lesservicesliturgiques.
Jésus n'a-t-il pasordonné que des hommes?
La plupart des théologiens sont d'accord que Jésus n'a ordonnépersonne. De fait, la prêtrise et lesservices liturgiques étaient, jusqu'au quatrième siècle, biendifférents de ce qu'ils sont aujourd'hui. La liturgie cependant s'est développée selon les lignes de la camaraderie de latable juive dans leséglises domestiques, souvent dans la demeure de femmes. Sous la conduite d'hommesou defemmes.
Des femmes voyageaient avec Jésus (Marie-Madeleine, Suzanne et Jeanne, telque rapporté dans l'Évangile de saint Luc; 8,1-3). Ces femmes apportaient le soutien à sonministère, à même leurspropres ressources. Le fait que l' Évangile mentionne leurs noms est significatifétant donné queles femmes n'étaient normalement pas mentionnées dans les écrituresanciennes.
Les quatre évangiles font mention de Marie-Madeleine quand ils parlent de laRésurrection. C'estsur son témoignage que la proclamation de la Résurrection repose. Lesdisciples féminins sont lesderniers à voir Jésus au moment de sa mort et les premières àle voir ressuscité.
Les écrits de Paul parlent de femmes servant comme prophètes (lesfilles de Philippe), diacres(Phoebe), missionnaires (Prisca) et directrice de communautés locales (Lydia). L'uneest mêmeappelée apôtre (Junia).
Qu'enseigne notre tradition?
Du quatrième au sixième siècle, des églises quidemeuraient en communion avec Rome, (la preuveen a été faite) avaient des femmes prêtres. Le pape Gelasius, aucinquième siècle, a envoyé unelettre reprochant aux évêques du sud de l'Italie de permettre aux femmes "deprésider aux autelssacrés et de participer à toutes les fonctions relevant normalement deshommes . . ." On trouveégalement de la correspondance au neuvième siècle d'unévêque italien, Atto de Vercelli, justifiantl'usage du mot "presbytera" en référence à des femmes prêtres.
Au début des années 1970, des femmes et des hommes mariésde l' Église romaine ont étéordonnés en Tchécoslovaquie par Mgr Felix Davidek afin de répondreaux besoins de l'égliseclandestine. Une de ces femmes, Ludmilla Javora, a affirmé publiquement qu'elleavait étéordonnée.
Est-ce que seulement les hommespeuvent représenter le Christ?
"Il n'y a plus ni Juif ni Grec, ni escalve ni homme libre, ni homme ni femme; enJésus-Christ vousne faites tous qu'un". (Galates 3.28) Les deux, hommes et femmes sont à l'image duChrist.
Saint Paul dit que tous les chrétiens, hommes et femmes, partagent etconstituent le corps duChrist ressuscité, non pas en représentant la masculinité deJésus, mais en participant au mystèrepascal par le baptême. Saint Paul continue: "Je vous recommande Phoebe, notre soeur,diaconessede l' Église de Cenchrées . . . elle aussi est venue en aide à plusieursdont moi-même. SaluezPrisca et Aquila, mes collaborateurs en Jésus-Christ . . . Saluez Marie, qui abeaucoup peiné pourvous. Saluez Andonicus et Junia, mes parents et compagnons de captivité, qui sontestimés parmiles apôtres . . ." (Romains 16.1-7)
Autres déclarations
Vatican II
" . . . toute forme de discrimination touchant les droits fondamentaux de la personne .. . fondéesur le sexe . . . doit être dépassée et éliminée, commecontraire au dessein de Dieu . . . Il en estainsi lorsque la femme est frustrée de la faculté de choisir librement . . . sonétat de vie . . ."(Vatican II - L' Église dans le monde de ce temps, par. 29.2 -)
The Tablet
"Ni le pape ni le cardinal Ratzinger ne peuvent prétendre qu'un enseignement"fondé sur la paroleécrite de Dieu" simplement en affirmant qu'il en est ainsi. Non plus qu'ils peuvent,en l'affirmant,en faire une matière qui "a été constamment préservéeet appliquée dans la tradition de l' Église".Tenter d'utiliser la doctrine de l'infaillibilité . . . comme un instrument massue pourempêcherl'évolution d'une question dans l'esprit de catholiques, est un abus de pouvoir toutà faitscandaleux; ayant comme conséquence évidente de miner encore davantagel'autorité que le papecherche à maintenir." (Nicholas Lash, professeur de divinité àl'Université Cambridge, cité dans lemagazine catholique indépendant de langue anglaise The Tablet, le 2décembre 1995)
L' Église devrait créer une procédure appropriée pourrépondre à ces attentes.
L'Écriture
"Mais Jésus leur dit: "Les rois des nations païennes commandent enmaîtres . . . Qu' il n'en soit pasainsi de vous; mais que le plus grand parmi vous soit comme le dernier et celui qui gouverne,comme celui qui sert. Quel est le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert?N'est-ce pascelui qui est à table? Moi pourtant je suis au milieu de vous comme celui qui sert."(Luc 22,25-27)
" Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ignore ce que fait sonmaître. Mais jevous ai appelés mes amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j' aiappris de mon Père."(Jean 15. 15)
Commentaires théologiques ethistoriques
" Dans les temps anciens de la chrétienté, l'évêqueétait élu par le clergé et le peuple . . . lemouvement de la réforme au Moyen-âge demandait encore l'électionlibre des évêques par leclergé et le peuple (C' est ce qu'a déclaré le pape Léon IX ausynode de Reims en 1049)." (HansKung, The Church)
" Le sens original de "ekklesia" (mot grec signifiant "église") serait mieuxrendu par "assembléepublique de la communauté politique" ou encore "assembléedémocratique des citoyens à partentière." (Elizabeth Schussler-Fiorenza, a Discipleship of Equals (unecongrégation d'égaux) dans"A Democratic Catholic Church" (Une église catholique démocratique),publié par EugeneBianchi et Rosemary Ruether)
" . . . le gouvernement monarchique papal, non seulement n' est pas basé sur I'Écriture, mais àaucun moment, dans l'histoire de l'Église, il n'a évité la contestation .. . La bureaucratie impérialeromaine a fourni le modèle principal pour le gouvernement papal . . . lerégime féodal médiéval afourni la théorie et l'imagerie pour la hiérarchie ecclésiastique alorsque la théorie de l'absolutismepapal a non seulement emprunté des monarchies absolues grandissantes des roisnationaux dudébut de l'Europe moderne mais a renforcé ces théories . . .
" C'est seulement avec le deuxième concile du Vatican que le catholicismeromain s'est réconciliéavec la société démocratique, adoptant ses théories de droits del'homme et le consentement desgouvernés pour une société séculaire. Mais il a refuséune semblable révision de ses propresstructures . . . Le Vatican tente de justifier cette structure politique comme étant"surnaturelle",reniant ses véritables origines historiques." (Bianchi et Ruether, Introduction, ADemocraticCatholic Church) (Introduction, Une église catholique démocratique).